Télévision, tablette, smartphone, console, vidéos en ligne… Les écrans font désormais partie du quotidien des familles. Ils sont utilisés pour se divertir, communiquer, apprendre, travailler, occuper un temps d’attente ou parfois simplement permettre aux parents de souffler quelques minutes.
Face à cette omniprésence, les messages sont pourtant souvent très anxiogènes : « les écrans détruisent le cerveau », « ils rendent les enfants hyperactifs », « ils empêchent de parler », « ils créent une addiction ».
La réalité scientifique est plus complexe.
Les recherches disponibles montrent qu’une exposition importante, précoce ou mal encadrée aux écrans peut être associée à différents effets sur le sommeil, le langage, l’attention, le comportement, la santé physique ou encore les interactions familiales. Mais tous les écrans ne se valent pas, toutes les utilisations non plus, et la durée d’exposition n’explique pas à elle seule le développement d’un enfant.
Une vaste revue systématique publiée en 2026, regroupant 124 études sur les enfants d’âge préscolaire, souligne justement que les effets dépendent à la fois de la durée, du type de contenu, de l’âge de l’enfant, de l'utilisation passive ou interactive de l'écran et de la présence ou non d'un adulte.
Avant toute chose : association ne signifie pas automatiquement causalité
C’est probablement la nuance la plus importante lorsque l’on parle des écrans.
Une grande partie des recherches sur le sujet sont des études observationnelles. Les chercheurs constatent, par exemple, que les enfants ayant beaucoup de temps d’écran présentent statistiquement davantage de difficultés attentionnelles. Cela ne signifie pas nécessairement que l’écran est l’unique cause de ces difficultés.
Le mécanisme peut parfois fonctionner dans les deux sens : un enfant très agité ou ayant des difficultés à s’occuper seul peut également être davantage exposé aux écrans parce que ceux-ci permettent de le canaliser.
Le stress parental, les conditions de logement, les ressources financières, la fatigue familiale, la disponibilité des parents, le sommeil ou encore le tempérament de l’enfant peuvent également intervenir.
Une étude longitudinale portant sur 2 441 enfants a néanmoins retrouvé une relation temporelle intéressante : une exposition plus importante aux écrans à 24 et 36 mois était associée à de moins bons résultats à certaines évaluations développementales réalisées ultérieurement, à 36 et 60 mois. Les auteurs parlent donc d’une association compatible avec un effet directionnel, sans pour autant réduire le développement de l’enfant à la seule question des écrans.
Le développement de l’enfant reste multifactoriel. Le cerveau du jeune enfant apprend d’abord dans la relation
Durant les premières années de vie, un enfant développe son langage, ses capacités cognitives et ses compétences sociales à travers ses expériences concrètes : Il manipule, Il observe, Il expérimente.
Il tombe, recommence, touche, construit, imite.
Mais surtout, il interagit avec d’autres êtres humains.
Lorsqu’un bébé montre un objet et que son parent le nomme, lorsqu’un enfant produit un son auquel l’adulte répond, lorsqu’il observe une expression faciale ou tente de se faire comprendre, il participe à une interaction dynamique dans laquelle les réponses de l’adulte s’adaptent immédiatement aux siennes.
Un programme vidéo, même présenté comme éducatif, ne reproduit que partiellement cette réciprocité. Chez le très jeune enfant existe également ce que les chercheurs décrivent comme un « déficit de transfert » : il est généralement plus difficile d’apprendre une information présentée en deux dimensions sur un écran puis de la transférer dans le monde réel.
Ce phénomène diminue progressivement avec l’âge. L’un des principaux enjeux n’est donc pas uniquement ce que l’écran « fait » à l’enfant, mais aussi ce qu’un temps d’écran important peut remplacer : conversations, lecture, jeux symboliques, activités motrices, exploration, ennui créatif ou interactions avec les adultes.
Écrans et développement du langage
Le langage est probablement l'un des domaines les mieux étudiés chez les jeunes enfants. Une méta-analyse publiée dans JAMA Pediatrics a regroupé 42 études représentant 18 905 enfants.
Les chercheurs ont observé que plus la durée d’exposition aux écrans était importante, plus les compétences langagières avaient tendance à être faibles. La relation statistique restait modeste, mais elle était significative.
La télévision fonctionnant simplement en arrière-plan était également associée à de moins bonnes compétences langagières.
Mais cette même étude apporte une information particulièrement intéressante : la qualité de l’utilisation change le résultat. Les contenus éducatifs adaptés à l’âge étaient associés, dans les études analysées, à de meilleures compétences langagières. Le fait qu'un parent regarde le contenu avec son enfant et interagisse avec lui — ce que l’on appelle le co-viewing ou visionnage partagé — était également associé à de meilleures compétences.
Autrement dit, 30 minutes passées seul à faire défiler des vidéos courtes ne constituent pas la même expérience développementale que 30 minutes passées à regarder un contenu adapté avec un parent qui commente, pose des questions et fait des liens avec la vie réelle.
Cette distinction est essentielle. La télévision allumée en permanence n'est pas anodine On pense souvent qu'un écran ne pose problème que lorsque l'enfant le regarde directement. Or, plusieurs travaux montrent que la télévision laissée allumée en fond sonore peut également modifier l’environnement familial. Dans la méta-analyse de Madigan et ses collègues, la télévision en arrière-plan était associée à de moins bonnes compétences langagières.
-> Pourquoi ? Parce qu'elle peut interrompre ou diminuer les échanges verbaux entre l'enfant et les adultes, détourner l'attention, fragmenter le jeu et réduire la qualité des interactions. Éteindre une télévision que personne ne regarde constitue donc probablement l'une des mesures les plus simples à mettre en œuvre dans une famille.
Attention, fonctions exécutives et apprentissages
Les fonctions exécutives regroupent plusieurs capacités fondamentales : maintenir son attention, résister à une impulsion, conserver une information en mémoire de travail, s’adapter lorsqu’une règle change ou encore planifier une action.
Elles se développent progressivement pendant l’enfance.
Les travaux récents retrouvent régulièrement des associations entre exposition importante aux écrans et difficultés attentionnelles ou exécutives chez les enfants d’âge préscolaire. Une revue systématique publiée en 2026 recensant 124 études identifie notamment des travaux associant une exposition importante à davantage de difficultés attentionnelles, ainsi qu’à de moins bonnes performances dans certaines fonctions exécutives.
Une autre revue systématique publiée en 2024 s'est spécifiquement intéressée aux relations entre écrans, langage et fonctions exécutives pendant la petite enfance. Elle souligne également l'existence de relations entre ces différentes dimensions tout en rappelant l’hétérogénéité des méthodes et la difficulté à démontrer une causalité simple.
-> Il faut également distinguer écran passif et écran actif.
Regarder passivement des vidéos pendant une longue période n'engage pas les mêmes processus que créer un dessin numérique, résoudre un problème, programmer, chercher une information ou réaliser une activité interactive adaptée à son âge. Des travaux publiés en 2026 sur l'attention des enfants d'âge préscolaire soulignent justement que les associations diffèrent selon l'utilisation : le temps d’écran passif est davantage associé à des difficultés attentionnelles, tandis que certaines activités interactives produisent des résultats plus complexes. Dire simplement « une heure d'écran » est donc scientifiquement beaucoup trop imprécis.
Écrans, comportement, anxiété et émotions
Les relations entre écrans et santé psychologique sont souvent présentées de manière spectaculaire.
Les résultats scientifiques sont beaucoup plus mesurés. En 2022, une importante méta-analyse publiée dans JAMA Psychiatry a regroupé 87 études, représentant 159 425 enfants de 12 ans ou moins.
Une durée d'écran plus importante était associée à davantage de comportements dits « externalisés » — par exemple certaines difficultés d'attention, d'impulsivité ou d'agressivité — ainsi qu'à davantage de symptômes dits « internalisés », comme l'anxiété ou les symptômes dépressifs.
Mais la taille des associations était faible.
Cela compte, notamment à l'échelle d'une population entière, mais cela ne permet absolument pas d'affirmer qu'un enfant développera un trouble anxieux ou des difficultés de comportement parce qu'il regarde des dessins animés. L'environnement familial, les relations sociales, le sommeil, le tempérament, les vulnérabilités psychologiques et de nombreux autres facteurs interviennent.
Il existe par ailleurs probablement une relation dans les deux sens : certains enfants en difficulté émotionnelle peuvent chercher davantage les écrans, tandis qu'un usage numérique problématique peut à son tour participer au maintien de certaines difficultés.
-> Le sommeil : l'un des effets les mieux documentés
S'il existe un domaine pour lequel les données scientifiques sont particulièrement cohérentes, c'est le sommeil. Dans une méta-analyse portant sur 20 études et plus de 125 000 enfants et adolescents âgés de 6 à 19 ans, l'utilisation d'un téléphone, d'une tablette ou d'un autre appareil portable autour du coucher était associée à un risque plus élevé de sommeil insuffisant, de mauvaise qualité du sommeil et de somnolence pendant la journée.
Dans cette analyse, l'utilisation d'un appareil au coucher était associée à environ deux fois plus de risque de dormir insuffisamment. Elle était également associée à une augmentation de la mauvaise qualité du sommeil et de la somnolence diurne. Même la simple présence d'un appareil accessible dans l'environnement de sommeil était associée à des résultats moins favorables.
Plus récemment, une revue regroupant les résultats de nombreuses revues systématiques conclut elle aussi que l'utilisation des médias numériques est globalement associée à des résultats moins favorables concernant le sommeil des enfants et des adolescents, même si la qualité des preuves varie selon les études.
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir : l'enfant repousse simplement l'heure du coucher, le contenu maintient un niveau d'activation cognitive ou émotionnelle important, les notifications fragmentent le sommeil et la lumière peut participer à un décalage du rythme circadien. C'est pourquoi la protection du sommeil constitue probablement une priorité plus pertinente que l'obsession du chronomètre sur l'ensemble de la journée.
Activité physique, sédentarité et poids
Un autre problème potentiel est ce que l'écran remplace.
Deux heures passées devant une série sont deux heures pendant lesquelles un enfant n'est généralement pas en train de courir, faire du vélo, grimper, jouer dehors ou expérimenter ses capacités motrices.
Une revue publiée dans BMJ Open avait conclu que les données les plus solides concernaient notamment l'association entre temps d'écran élevé, adiposité plus importante, alimentation moins favorable et certains indicateurs de qualité de vie. Elle insistait toutefois sur l'absence d'un seuil universel permettant d'affirmer qu'en dessous d'un certain nombre d'heures l'utilisation serait sans risque et qu'au-dessus elle deviendrait automatiquement nocive.
L'utilisation croissante des écrans pose également la question de la santé visuelle.
Une méta-analyse publiée dans JAMA Network Open en 2025, portant sur 45 études et plus de 335 000 participants, a retrouvé une association dose-réponse entre durée quotidienne d'exposition aux écrans numériques et myopie. Chaque heure supplémentaire d'écran quotidien était associée à une augmentation statistique du risque de myopie ; les auteurs soulignent cependant une forte hétérogénéité des études et un niveau de certitude limité concernant la causalité. L'enjeu ne concerne d'ailleurs probablement pas uniquement l'écran lui-même. Le temps passé à regarder de près et, surtout, la diminution du temps passé dehors participent au problème. Les données concernant la myopie montrent parallèlement un effet protecteur du temps passé à l'extérieur chez les enfants. Le message pratique peut donc rester simple : faire régulièrement des pauses visuelles et favoriser quotidiennement les activités extérieures.
Tous les contenus ne se valent pas
Comparer une visioconférence avec les grands-parents, un documentaire regardé avec un parent, un jeu de création, une application éducative, trois épisodes d'un dessin animé et une heure de vidéos courtes en lecture automatique n'a pas beaucoup de sens. Pourtant, toutes ces situations peuvent être comptabilisées dans les études sous la même appellation : « temps d'écran ». C'est l'une des limites importantes de la littérature scientifique.
Les recherches récentes insistent de plus en plus sur plusieurs dimensions : combien de temps ? pour faire quoi ? à quel âge ? avec quel contenu ? à quel moment de la journée ? seul ou accompagné ? et surtout, que vient remplacer l'écran ?
Une revue systématique publiée en août 2026 concernant les enfants de 2 à 7 ans retrouve justement un rôle important de l'environnement familial. Le modèle parental, la supervision, le visionnage partagé, la qualité éducative du contenu et les activités comme la lecture partagée peuvent modérer les associations entre écrans et développement.
Les parents et leur téléphone comptent aussi
La question des écrans ne concerne donc pas uniquement ceux de l'enfant. Un parent physiquement présent mais constamment interrompu par son smartphone peut être moins disponible pour répondre aux sollicitations de l'enfant. On utilise parfois le terme de « technoference » pour désigner ces interruptions des interactions humaines par les technologies.
Il ne s'agit évidemment pas de demander aux parents d'abandonner leur téléphone. Les adultes ont eux aussi une vie sociale, professionnelle et administrative qui passe par les outils numériques. Mais les recherches récentes sur les usages familiaux montrent que le modèle parental et les règles familiales sont des facteurs importants de l'exposition des jeunes enfants. Un enfant à qui l'on demande de poser sa tablette pendant le repas alors que tous les adultes consultent leur téléphone reçoit nécessairement un message contradictoire.
Faut-il interdire les écrans aux jeunes enfants ?
-> Comment accompagner concrètement son enfant ?
Quelques principes simples semblent aujourd'hui particulièrement cohérents avec les connaissances scientifiques : privilégier les interactions humaines et le jeu pendant la petite enfance ; éviter autant que possible la télévision laissée en fond sonore ; choisir des contenus adaptés à l'âge plutôt qu'un flux aléatoire de vidéos ; regarder parfois les contenus avec son enfant et en discuter ; préserver les repas et certains temps familiaux des écrans ; éviter les écrans autour du coucher ; ne pas laisser téléphone ou tablette dans le lit ou facilement accessible la nuit ; favoriser quotidiennement l'activité physique, le jeu libre et le temps passé dehors ; apprendre progressivement à l'enfant à s'autoréguler plutôt que de construire uniquement un système d'interdictions.
Chez les enfants plus grands, il peut également être utile de s'intéresser à ce qu'ils font réellement sur leurs écrans plutôt que de surveiller uniquement un compteur d'heures. Un enfant qui compose de la musique, discute avec un ami, crée un montage vidéo ou construit quelque chose sur un jeu créatif n'a pas la même activité qu'un enfant absorbé pendant des heures dans un défilement automatique de contenus.
-> Quand l'utilisation des écrans doit-elle réellement alerter ?
Le nombre d'heures n'est pas le seul indicateur. L'utilisation mérite davantage d'attention lorsqu'un écran commence à désorganiser la vie quotidienne : lorsque l'enfant dort nettement moins, abandonne progressivement ses autres activités, ne veut plus sortir, ne parvient presque jamais à arrêter sans crise majeure, utilise systématiquement l'écran pour gérer toutes ses émotions, s'isole, voit son fonctionnement scolaire ou relationnel se dégrader, ou lorsque les écrans deviennent une source permanente de conflit familial.
Dans ces situations, supprimer brutalement tous les écrans n'est pas toujours la meilleure première réponse. Il est souvent plus pertinent de chercher à comprendre à quoi sert l'écran pour l'enfant. Est-ce un divertissement ? Une habitude ? Une façon de gérer l'ennui ? Une source de lien social ? Un refuge face à l'anxiété ? Une manière d'éviter une difficulté scolaire ? Un moyen de réguler des émotions difficiles ?
C'est en comprenant la fonction de l'usage qu'il devient possible d'agir durablement.
Ni diaboliser, ni banaliser
Les données scientifiques ne justifient ni de présenter les écrans comme un poison pour le cerveau, ni de considérer leur utilisation comme totalement neutre.
Une exposition excessive, particulièrement lorsqu'elle commence très tôt, lorsqu'elle est passive, lorsqu'elle s'effectue sans accompagnement ou lorsqu'elle empiète sur le sommeil, les interactions, le jeu et l'activité physique, est associée à plusieurs résultats développementaux moins favorables.
Mais les effets observés sont souvent modestes, dépendent du contexte et ne déterminent jamais à eux seuls l'avenir d'un enfant.
La question la plus pertinente n'est donc probablement plus :
« Combien de temps mon enfant passe-t-il devant un écran ? »
mais plutôt :
« Quelle place les écrans occupent-ils dans sa vie, et que viennent-ils enrichir ou remplacer ? »
L'objectif n'est pas d'élever des enfants dans un monde sans numérique. Ce monde n'existe plus.
L'enjeu éducatif est de leur apprendre progressivement à utiliser les outils numériques sans que ces outils prennent le contrôle sur leur sommeil, leurs relations, leur corps, leur curiosité et leur capacité à vivre également hors écran.
Et sur ce point, le rôle des adultes reste essentiel
Références :
1. Gomes MI, Sousa H, Lousada M, Figueiredo D. Factors Contributing to Screen Exposure in Preschool Children and Its Associated Outcomes: A Systematic Review. Child: Care, Health and Development. 2026;52(2). doi:10.1111/cch.70241.
2. Madigan S, McArthur BA, Anhorn C, Eirich R, Christakis DA. Associations Between Screen Use and Child Language Skills: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Pediatrics. 2020;174(7):665-675. doi:10.1001/jamapediatrics.2020.0327.
3. Madigan S, Browne D, Racine N, Mori C, Tough S. Association Between Screen Time and Children's Performance on a Developmental Screening Test. JAMA Pediatrics. 2019;173(3):244-250. doi:10.1001/jamapediatrics.2018.5056.
4. Eirich R, McArthur BA, Anhorn C, McGuinness C, Christakis DA, Madigan S. Association of Screen Time With Internalizing and Externalizing Behavior Problems in Children 12 Years or Younger: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Psychiatry. 2022;79(5):393-405. doi:10.1001/jamapsychiatry.2022.0155.
5. Carter B, Rees P, Hale L, Bhattacharjee D, Paradkar MS. Association Between Portable Screen-Based Media Device Access or Use and Sleep Outcomes: A Systematic Review and Meta-analysis. JAMA Pediatrics. 2016;170(12):1202-1208. doi:10.1001/jamapediatrics.2016.2341.
6. Stiglic N, Viner RM. Effects of screentime on the health and well-being of children and adolescents: a systematic review of reviews. BMJ Open. 2019;9. doi:10.1136/bmjopen-2018-023191.
7. Bal M, Kara Aydemir AG, Tepetaş Cengiz GŞ, et al. Examining the relationship between language development, executive function, and screen time: A systematic review. PLOS ONE. 2024;19(12). doi:10.1371/journal.pone.0314540.
8. Ha A, Lee YJ, Lee M, Shim SR, Kim YK. Digital Screen Time and Myopia: A Systematic Review and Dose-Response Meta-Analysis. JAMA Network Open. 2025;8. doi:10.1001/jamanetworkopen.2024.60026.
9. Gomariz-Martínez et al. Screen Use, Child Development and Family Involvement in Children Aged 2–7 Years: A Systematic Review. Journal of Paediatrics and Child Health. 2026. doi:10.1111/jpc.70533.
10. World Health Organization. Guidelines on Physical Activity, Sedentary Behaviour and Sleep for Children Under 5 Years of Age. Geneva: World Health Organization; 2019.
Article d'information et de prévention. Il ne remplace pas un avis médical ou une évaluation individuelle d'un enfant.
Ajouter un commentaire
Commentaires